Entraînements

Faute de disposer d’une salle sur Lyon, les entraînements réguliers de l’association sont suspendus.

Roger Pozzi, maître d’arme de l’association, donne des cours de savate défense le vendredi à La Verpilière (38) dans le cadre du cercle d’armes du dauphiné.

Il est envisagé que des entraînements aux armes affinitaires de la savate ancienne, bâton et canne, soient occasionnellement organisés. Dans la mesure du possible, il seront annoncés ici même.

Différences entre la pratique traditionnelle et la pratique sportive

Les disciplines que nous pratiquons appartiennent à la grande famille de la savate / boxe française, au sens large, avec ses armes affinitaires que sont la canne et le bâton. Aussi tous nos membres sont-ils licenciés de la fédération française de boxe française.

Ceci dit, la pratique que nous voulons promouvoir diffère substanciellement de la pratique sportive qui a cours dans la plupart des clubs de boxe française. Pour résumer grossièrement la situation, la pratique généralisée actuelle de la boxe française a essentiellement été influencée par Charles Charlemont (1862 - 1944) qui lui a fait prendre un caractère emminement sportif.

Dans la pratique traditionnelle, nous tentons de retrouver une pratique antérieure à celle de Charles Charlemont ; une pratique qui se rapproche plus de la notion d'autodéfense et de combat réel que de celle du sport. Nos maîtres de savate de référence sont Charles Lecour (1808 - 1894), Louis Leboucher (1807 - 1866), Louis Vigneron (1827 - 1871) ou encore Joseph Charlemont (1839 - 1914), père de Charles Charlemont …

Ceci ne nous empêche pas, de temps à autres, de pratiquer la canne de combat dans sa variante sportive.

Au cours de ces entraînements, différentes disciplines sont abordées :

Le bâton traditionnel

C'est historiquement la première des différentes disciplines abordées par l'association a avoir été remise au goût du jour, elle lui a par conséquent donné son nom.

Le bâton français mesure environ 1m50. A la différence des bâtons anglais (quarterstaff) et de la plupart des bâtons asiatiques (comme le bo ou le bâton chinois), qui mesurent plutôt dans les 2 mètres, le bâton français se manipule à la façon d'une épée à deux mains, en rejoignant les deux mains à l'une des extrémités en laissant un talon d'environ 20cm.

Ceci est dû au fait que la pratique remonte aux chevaliers français, qui utilisaient de tels bâtons pour s'entraîner afin d'éviter de se blesser avec des épées. Mais c'est sous Napoléon III que la pratique du bâton connaît son apogée avec son enseignement au sein du bataillon de Joinville. Des siècles de pratiques accumulées lui confèrent une très grande richesse technique.

La pratique traditionnelle du bâton diffère également du bâton français tel qu'il est pratiqué dans certains clubs de boxe française qui en est en fait une déclinaison sportive relativement récente. Nous qualifions cette dernière pratique de bâton fédéral en ce qu'elle a été codifiée au sein de la fédération française de boxe française. Techniquement, les différences se situent notamment au niveau de la prise de main et des prises d'appuis. La pratique s'en trouvent donc radicalement transformée.

La canne de défense

La canne de défense est en quelques sortes la petite sœur du bâton. Ses techniques sont voisines, la différence essentielle étant qu'elle se manipule à une main plutôt que deux.

Dans sa version traditionnelle, cette canne est celle qui servait à se défendre dans les rues des villes française du XVIIIème siècle, époque à laquelle elle était un accessoire de mode courant. Elle diffère donc substantiellement de la version actuelle sportive appelée canne de combat.

La savate ancienne / les temps de lutte

Ce que nous pratiquons sous cette appelation est en fait la boxe française originale, telle qu'elle a été définie par Charles Lecour en ajoutant aux techniques de pieds de la savate les techniques de poings du noble art anglais (ancêtre de l'actuelle boxe anglaise) à l'issue de son combat perdu contre le champion anglais Owen Swift (NB : c'est Charles Lecour qui a inventé le terme de "boxe française").

Il s'agit donc d'une collection de redoutables techniques de pieds et de poings applicables en combat de rue. Une part importante est également accordée à la maîtrise des déplacements.

Les temps de lutte sont également abordés : projections et prises issues de la lutte parisienne (telle qu'elle était pratiquée par le célèbre Eugène François Vidocq) ou encore de la lutte à main plate (lutte provençale à partir de laquelle a été codifiée la lutte gréco-romaine).

Le combiné

Le terme de combiné n'est pas historiquement authentique. Nous nous en servons pour désigner la combinaison des techniques de canne de défense et des techniques de savate. Malheureusement les noms qui servaient historiquement à désigner ces combinaisons ont été déposés, bien qu'ils devraient être considérés comme faisant partie du patrimoine culturel commun et qu'à ce titre ils n'auraient pas dû pouvoir l'être.

Quoi qu'il en soit, si le terme a été inventé pour ces raisons accessoires, la pratique est quant à elle des plus authentiques dans la forme que nous observons. Si il faut attendre Lecour pour qu'un maître de savate trouve un intérêt à ajouter des techniques de poings aux coups de pieds de la savate, c'est parce qu'auparavant les mains étaient plus volontier occupées à manier une canne.

Nous nous replongeons donc dans cette pratique qui, même si elle est par la suite tombée dans l'oubli, n'en constitue pas moins une forme première de l'art de la savate.